Le chromates de strontium, que nous avons découvert grâce à Rabas protec est une vraie cochonnerie que l’on nous impose en toute légalité... Les pouvoirs publics se défilent, et au plus nous cherchons au plus nous découvrons l’ampleur de l’hypocrisie "démocratique". Stélia qui a contraint Rabas à créer une unité de traitement de surface dépassait largement les seuils autorisés et peut maintenant, grâce à la sous-traitance, déposer un nouveau dossier de droit à polluer "dans les règles" ! Et c’est parti pour une deuxième enquête d’utilité publique...
Tous les Nazairiens se réjouissent des succès d’entreprises comme Airbus ou STX et les habitants de Méan Penhoët tout autant. Ces succès doivent pourtant s’accompagner de deux gardes fous :
- La qualité de vie au travail des salariés
- La qualité de vie environnementale des riverains
Jusqu’à présent notre quartier avait réussi à mêler de manière plus ou moins harmonieuse la vie quotidienne de ses habitants avec la proximité d’un certain nombre d’entreprises en activité, et restait un quartier où il fait bon vivre
La condition nécessaire à ce « bon vivre » est que cette harmonie ne soit pas détruite par des projets ou des pratiques industriels qui en feraient, non seulement un quartier où l’on vivrait moins bien, mais aussi un quartier où l’on risquerait de vivre moins longtemps.
Or cette harmonie riverains / entreprises a été mise à bas par l’implantation au cœur même de notre quartier - des habitations à moins de 30 m et trois écoles primaires et un Institut Médico Educatif à moins de 500m - d’une entreprise de traitement de peinture Rabas Protec rejetant dans l’atmosphère des produits CMR ( cancérigène, mutagène et repro-toxique) parmi lesquels le chromate de strontium, produit cancérigène de niveau 2.
Cette double autorisation de polluer donnée par les différents décideurs (mairie pour le permis de construire, préfecture pour le permis d’exploiter) nous a été plus ou moins justifiée par le fait que l’entreprise respecterait les valeurs majorantes de rejet actuellement en vigueur, pour un produit pourtant tellement toxique que la commission européenne va en interdire (sauf dérogation…) l’utilisation à compter du 22 janvier 2019.
De qui se moque-t-on ? Jusqu’en 2019 respirer ce produit serait sans conséquence parce qu’émis en dessous des normes actuellement en vigueur, mais à partir de 2019 le respirer deviendrait mortifère quel que soit le niveau d’émission ?
Et double cerise sur notre gâteau cancérigène :
On a appris que l’entreprise Stelia utilisait et rejetait déjà du chromate de strontium aux lisières de notre quartier, mais que les autorisations d’exploiter étant accordées entreprise par entreprise, si chacune d’entre elle respecte sa part du gâteau, le seul qui risque l’indigestion c’est le riverain
On a appris qu’une dérogation à cette interdiction programmée pour janvier 2019 avait été déposée par un consortium regroupant producteurs et exploitants du chrome VI, sans doute parce que, contrairement au surcout social et financier des cancers induits, le surcout des produits de substitution serait lui à la charge des entreprises…
Est-ce-que cela signifie :
- Que les enfants qui rentrent en maternelle à l’école Ernest Renan située à moins de 300m de l’usine peuvent déjà se préparer à respirer du chromate de strontium jusqu’à leur départ pour le collège ?
- Que nous sommes condamnés à créer dans quelques années une Association des victimes du Chrome VI comme il existe des associations des victimes de l’amiante ou des pesticides ?
Nous ne nous résoudrons pas à cet état de fait et nous allons continuer à nous battre et à interpeller les décideurs pour que ces derniers ne puissent pas dire comme pour l’amiante : « on ne savait pas… »
Nous savons, ils savent !
Agissons ensemble pour qu’une harmonie entre le développement de nos industries et le respect de la santé de tous se réalise dès maintenant et aidez-nous en participant à nos actions futures ou en nous soutenant financièrement.
